1.9
Prendre son temps c'est ce qui me coûte le plus. La patience, l'expectative. Ne pas aller trop vite et ne pas donner l'impression de ne pas y aller.
C'est une histoire qui se raconte comme on mélange un jeu de cartes. C'est une fiction anonyme. Rien n'est inventé. Comme une suite d'évènements improbables qui n'ont de sens que mis bout à bouts.
Prendre son temps c'est ce qui me coûte le plus. La patience, l'expectative. Ne pas aller trop vite et ne pas donner l'impression de ne pas y aller.
Le disque tourne sur la platine. Un album d'un punk devenu une référence pop. Il craque. Je ne l'ai pas dépoussiéré avant de le passer.
Six heures du matin. Il fait trop chaud pour dormir. La chatte est près de moi, allongée de tout son long elle me regarde fixement.
Hier j’ai viré deux de mes contacts. Hors ligne, je les considère comme des amis. En ligne ce sont de parfaits inconnus. Des entités agressives, sans discernement.
C'est l'histoire d'un acouphène qui résonne en phase avec le bip du réveil. Un bruit fantôme, hérité d'une gifle sur mon oreille le jour où le cochon d'Inde de ma sœur est mort d'une insolation.
C’est une journée de merde. Un jeudi. L’ambiance est bonne mais on sait tous que le mois de novembre sera médiocre. À dix-huit heures trente, le chef d’équipe nous impose le retour à l’agence.
Il me regarde dans l’encadrement de la porte et me dit, en faisant la moue, que ça ne s’est pas mal passé mais qu’il pense que ça va sauter.
Elle est partie tout à l’heure. Cintrée dans son manteau de feutre brun. Elle est partie. J’essayai de la retenir quelques instants. C’est la première fois que je rencontre quelqu’un comme elle.
Hier, vers minuit, je terminais un grand dessin. Je n’en avais pas entamé de nouveau depuis plusieurs mois. Un message d’une amie m’invite à aller boire un verre en ville. Je désespérais de trouver de la compagnie pour terminer cette journée à faire autre chose que parler travail et logistique.